• Si demain n'existe pas

     

    SI DEMAIN N'EXISTE PAS

     

     

     

    Jennifer L. Armentrout 2019 | J'ai Lu

    Romance - Drame - Young Adult

     

     

     

     

     

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           « Je savais que je ne pouvais pas recommencer            de zéro. Je ne pouvais pas réécrire le milieu de         mon histoire. Tout ce que je pouvais changer, c'était demain, tant qu'il existait. » 


    Que feriez-vous si demain n’existait pas ?

    L’avenir de Lena Wise semblait tout tracé. Pour que son année de terminale soit parfaite, elle n’avait rien laissé au hasard. Au programme : accumuler un max de souvenirs avec ses copines, avoir un dossier béton pour obtenir l’université de son choix, et peut-être même avouer ses sentiments à son ami d’enfance, Sebastian. Mais un simple choix, à un unique instant, peut tout bouleverser. Désormais, rien ne sera plus comme avant. Comment Lena pourrait-elle penser à des lendemains meilleurs alors qu’elle ne cesse de rejouer son passé, alors que Sebastian ne lui pardonnera sans doute jamais ce qui est arrivé… ce qu’elle a laissé arriver ?
     


     
     

    Il n'y a aucun spoiler, lisez donc sans craintes.
     

    Jennifer L. Armentrout revient avec un tout nouveau contemporain young adult qui, dans la même lignée que son précédent, n’est pas aussi simple que le laissent présager ses airs de romance adolescente. L’auteur choisit une nouvelle fois d’aborder un thème fort et important avec une certaine sincérité, tout particulièrement pour son public visé.

    On découvre le personnage de Lena peu avant sa rentrée en dernière année au lycée. Parmi toutes les préoccupations sur l’avenir qui fleurissent à son âge, on la sent tout particulièrement partagée entre ses sentiments pour Sebastian et l’amitié forte qui les unis depuis des années, qu’elle ne souhaite détruire pour rien au monde. Il est donc facile de s’identifier à une telle héroïne dans la mesure où nous la découvrons lycéenne qui mène sa vie entre moments de bonheur et tourments, vie qui se retrouvera bouleversée à cause d’une inaction que l’on pourrait tous faire à cet âge-là et qui permet de se rendre compte de l’imprévisibilité de certaines situations qui peuvent tous nous toucher.

    On est alors guidé dans une construction en trois parties qui mettent d’autant plus en valeur ce qui est raconté : hier, aujourd’hui et demain. Car il est ici question d’adolescents qui font de mauvais choix, des choix qui inconsciemment peuvent changer l’avenir en quelques secondes - je ne donnerais pas plus de précision afin de ne pas gâcher la découverte. La partie consacrée à l’avant était d’ailleurs si fluide et agréable à lire, légère à l’image de toute romance adolescente, que les premières pages du pendant m’ont fait autant d’impact qu’à l’héroïne. Lena est le genre de fille pour lesquelles franchir certains pas est comparable à une épreuve, assez renfermée sur elle-même, qui réfléchit trop au lieu de vivre réellement l’instant présent - une fille proche de celle que j’étais plus jeune. Forcément, elle reporte souvent au lendemain certaines choses tout en sachant qu’elle n’en fera jamais rien, le futur semblant toujours plus favorable à notre épanouissement que le présent. Lorsque le pire arrive, cette dernière ne peut s’empêcher de repousser son entourage sans se rendre compte que ces derniers pourraient être la clé de sa libération. On ressent donc bien les conséquences qu’un traumatisme peut avoir sur nous-mêmes ainsi que la difficulté à sa relever, deux éléments que l’auteur cherche à montrer dans une démarche volontaire et ce au travers d’un point de vue différent de celui que l’on a souvent, celui d’une victime puis indirectement de ses proches ainsi que d’autres plus en retrait. On se rappelle à ses côtés à quel point les actions sans conséquences passent inaperçues quand bien même elles auraient pu mener au danger, à quel point admettre que l’on est imparfait est une caractéristique humaine. Il faut savoir vivre avec les décisions que l’on a prises et apprendre de ses erreurs, toujours.

    Si demain n’existe pas est également un roman sur la famille et l’amitié, des notions importantes dans le genre de situation évoquée. Bien que les personnages ne soient pas aussi creusés que je l’aurais aimé, le fait que l’on s’y attarde a son importance car les gens qui nous accompagnent dans nos vies et dans les moments les plus durs ne devraient pas juste être de simples figurants. C’est avant tout la relation entre Lena et Sebastian, un personnage doux et agréable, qui est mise en avant, celle qui tisse le lien entre les trois parties du roman. J’ai vraiment apprécié les moments qu’ils partageaient, celui de meilleurs amis depuis toujours, et ce même si Lena finit par tourner clairement en rond. La romance est de ce fait très jolie et j’ai aimé le fait que l’on se penche sur les faiblesses que peuvent nous faire traverser nos sentiments.

    Jennifer L. Armentrout, munie d’une écriture toujours aussi fluide et efficace, nous plonge donc dans le quotidien de notre héroïne afin de nous montrer la fragilité du moment présent qui peut se répercuter sur le futur, à quel point la tragédie peut toucher tout le monde. Le pari est d’ailleurs réussi dans la mesure où j’ai trouvé le tout bien traité et intéressant à mettre dans les mains de jeunes lycéens.

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  • Love Crescendo

     

    LOVE CRESCENDO

      

     

    Tillie Cole 2019 Hachette

    Romance - Drame - Young Adult

     

     

     

        COUP DE ♥    

     

     

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        « — Je ne regrette rien, Cromwell. Ni le début...      ni le milieu... ni la fin. »

     

        


     

    Lorsque Cromwell, 19 ans, est derrière ses platines, les corps se pressent, la fièvre monte. Personne ne lui résiste. Jusqu’à la fille dans la robe violette. Ce soir-là, Bonnie est venue voir l’ex prodige du classique qui lui a inspiré sa passion. Son verdict tombe, implacable : la musique de Cromwell n’a plus d’âme. Cromwell n’aurait pas dû se laisser atteindre. Pourtant, les paroles de Bonnie rallument en lui l’étincelle de quelque chose qu’il croit mort depuis longtemps. Alors, quand le destin les force à travailler ensemble, leur attirance mutuelle les rapproche, leurs sentiments se font plus forts. Et, malgré les secrets qui pourraient leur briser le cœur, jour après jour, leur amour va crescendo…

     


     
     

    Il n'y a aucun spoiler, lisez donc sans craintes.
     

    Dire que j’étais à cent lieux d’imaginer le nombre d’émotions par lesquelles j’allais passer en me lançant dans ce roman que j’aurais pensé insignifiant, une sorte de transition imprévue entre deux grosses lectures. Un mois est déjà passé depuis sa sortie et je n’ai qu’une pensée : pourquoi personne n’en parle ? Je pensais avoir affaire à une histoire sur deux opposés sur le plan personnel comme musical et non à deux adolescents tant écorchés et blessés que lumineux. C’est loin d’être aussi simple que le laissent imaginer les résumés que j’en avais trouvé sur le net. L’histoire de Bonnie et Cromwell est belle, sincère et bouleversante. Je pense sincèrement avoir sous-estimée Tillie Cole et Love Crescendo me prouve à quel point une histoire, de simples mots posés sur du papier, peuvent avoir un impact sur une personne.

    Bonnie et Cromwell se rencontrent une nuit d’été en Angleterre. Elle reproche à sa musique de ne délivrer aucune émotion, d’être vide et ne s’imagine pas à quel point cette remarque peut également être associée au créateur de cette dernière. Ils se retrouvent en Amérique, venus étudier dans la même fac en raison d’un professeur en particulier et là c’est la collision qui s’avérera tant douloureuse que bénéfique pour les deux, devant faire face tant à leurs rêves qu’à leur craintes les plus secrètes.

    Love Crescendo est un roman qui transmet beaucoup d’émotions grâce à des personnages touchants et une écriture à la hauteur. En plus de mettre au coeur de son histoire la musique, l’auteur a su rendre son livre unique grâce à un élément que je ne connaissais absolument pas et qui a tout changé à mes yeux, à savoir la synesthète et le spectacle magnifique que cela engendre lorsqu’on nous la fait découvrir au travers des yeux d’un personnage et de son talent pour la musique. Si ce don rend Cromwell unique, c’est également sa personnalité tant complexe que touchante qui le rend intéressant, sans jamais être dans le trop. Après plusieurs années à être considéré comme un génie de la musique classique, le jeune homme a fini par se convertir en DJ et bien que ses morceaux soient écoutés dans toute l’Europe, il n’a pas l’attitude à laquelle on s’attendrait avec ce genre de personnage. Pourtant, il se révèle dès le début assez dur avec Bonnie alors qu’elle n’est que douceur et franchise, quelque chose qui manque bien au quotidien de ce dernier. Elle a beau posséder ses propres faiblesses et inquiétudes, elle sait reconnaitre l’étincelle dans la part sombre du jeune homme et sa ténacité le pousse à se révéler, à dévoiler ses failles et des aspects de sa personnalité bien cachés qui brûlent de passion et du désir de création.

    Quant aux émotions transmises, elle ne sont que décuplées par une histoire qui mêle secrets, hontes et peurs sans que le tout ne sonne faux ou précipité. La plume de Tillie Cole accompagne parfaitement l’histoire de ces deux adolescents. On ressent la portée des recherches qu’elle a pu faire sur certains éléments, ce qui rend le récit d’autant plus crédible et poignant. La place de la musique est à la fois juste et belle dans sa mise en valeur, personnifiant bien l’évolution de Cromwell et Bonnie. Ce n’est pas juste un thème de fond ou une excuse pour les rapprocher. Elle est vivante, essentielle. J’ai souris et pleuré, pleuré comme je le fais peu de fois devant un livre. Après tout, c’est parfois inimaginable d’expliquer à quel point les mots sont capables de nous atteindre, parfois bien plus qu’une scène se déroulant devant nos yeux. Love Crescendo met en scène la douleur comme la passion. On est face à deux parties au ton différent mais à la transition très bien exécutée. Lu en à peine vingt-quatre heures, j’en redemandais après chaque chapitre, peu importe qu’il soit dur et réaliste à en pleurer. Alors bien entendu certains éléments sont prévisibles - même si l’histoire et son déroulement n’a cessé de me surprendre - mais les personnages, les sons et les couleurs ont pris vie en moi et ça, ça n’a pas de prix.

    Je vous laisse ici, mon coeur méritant une petite pause après tant d’émotions qui m’ont traversée. Une chose est sûre, Cromwell et Bonnie m’ont définitivement marqués. À leurs côtés la tension monte, la boule se forme et si l’inévitable arrive lentement, le plaisir est toujours là et nous suit, crescendo.

    Red Queen | tome 1Red Queen | tome 1Red Queen | tome 1Red Queen | tome 1Red Queen | tome 1Red Queen | tome 1Red Queen | tome 1Red Queen | tome 1Red Queen | tome 1Crossing the Line - Simone Elkeles

     

     


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  • Warcross T2 - Marie Lu

     

    WILDCARD

        Warcross T2   

     

     

     

    Marie Lu 2019 | Pocket Jeunesse

    Science-Fiction - Young Adult

     

     

     

     

     

     

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          « Il est toujours plus facile de détruire que de         créer. » 

     

     

        
     

    Emika n'est pas sortie indemne du championnat Warcross. Déterminée à mettre fin aux sinistres projets d'Hideo Tanaka, son ancienne idole, elle s'unit aux Phoenix Riders. D'autant plus qu'une nouvelle menace s'insinue dans les rues de Tokyo : quelqu'un a mis la tête d'Emika à prix. Sa seule chance de survie est Zéro, celui qu'elle a traqué pendant des semaines pour Hideo ! Emika découvre bientôt que sa protection a un prix. Jusqu'où sera-t-elle prête à aller pour détruire Hideo, l'homme pour lequel elle aurait sacrifié sa vie ?

     


     

     

    Il n'y a aucun spoiler concernant ce tome mais certains éléments des précédents peuvent être présents.
     

    Après la très belle découverte que fut Warcross, je me suis immédiatement dirigée vers sa suite et fin, un tome bien différent du premier dans son ambiance plus sombre mais qui une nouvelle fois propose une intrigue intéressante à suivre, quoiqu’un peu plus brouillon, des personnages intrigants ainsi que son lot de rebondissements. Si j’ai trouvé cette suite un peu en dessous du précédent pour des raisons expliquées plus loin, cela n’enlève en rien le fait que l’univers de Warcross ne demande qu’à être exploré.

    Bien qu’Emika soit parvenu jusqu’au bout du Championnat de Warcross sans que le NeuroLink ne tombe dans les mains de Zero, l’antagoniste présenté dans le premier tome, c’est pour se retrouver face à un danger tout autre et bien plus proche d’elle qu’elle ne l’aurait crû. De plus, sa tête étant désormais mise à prix, elle se retrouve à collaborer avec celui qu’elle pensait être le véritable ennemi.

    Wildcard met donc cette fois-ci au centre le personnage de Zero qui en cache plus que je ne l’aurais deviné. Seulement, Marie Lu prend bien plus de facilités qu’avec le premier tome qui sortait clairement du lot. J’ai trouvé la première partie très addictive, avec des révélations et choix interessants, mais une seconde bien plus lourde et compliquée à suivre. Des éléments qui auraient pu être bouclés dès la première ont été relancés dans la deuxième et prenaient parfois trop d’ampleur à mon goût. J’avais l’impression que l’auteur se perdait elle-même. Certains moments étaient d’ailleurs un peu trop détaillés et ont finis par me perdre au détriment par exemple des si belles descriptions des rues de Tokyo qui m’avaient fascinées dans Warcross. Rien que pour ça l’univers m’a semblé bien moins impactant, les parties de jeux-vidéos étant quasi-inexistantes et les étincelles dans mes yeux bien moins présentes. Il en va de même pour les rebondissements, bien plus apparents, parfois inattendus, mais qui finissent par alourdir l’intrigue, n’innovant pas par rapport à certains livres, notamment vers la fin. Cependant, Wildcard m’a réellement plu dans le fait que la fin de Warcross insérait de nouveaux éléments qui relançaient parfaitement l’intrigue et n’ont pas fait de ce deuxième tome une suite inutile. On a finalement beaucoup de réponses à nos questions et l’auteur poursuit toujours cette réflexion sur les aspects néfaste d’un monde controlé par la technologie. Ici l’univers devient bien plus sombre et brutal, avec des enjeux qui évoluent, ce qui pousse nos personnages à se livrer à leurs plus grandes faiblesses.

    Emika se retrouve d’ailleurs en danger dès le début et s’avère être mal entourée de tous les côtés sans pouvoir réellement découvrir qui est le véritable ennemi, un élément qui rend l’histoire d’autant plus prenante. Cette dernière s’ouvre bien plus aux autres, ayant réellement envie de s’intégrer et de tisser des liens. Seulement, si son côté individualiste s’améliore, il est vrai qu’elle passe de l’héroïne en plein dans l’action à une sorte de pion que l’on mène tout le long du livre et qui finit par la subir. Du côté de Zéro et de Hideo, il faut bien avouer que ce sont des protagonistes/antagonistes intéressants qui changent des standards habituels. Le côté parfois trop blanc ou trop noir permet à l’auteur de jouer avec nos nerfs et de nous manipuler très facilement. Cela permet d’ailleurs de se placer facilement dans la tête d’Emika qui est aussi divisée que nous. À mon grand désarroi les personnages secondaires n’ont pas plus de place dans ce tome-ci que dans le précédent, mais si une chose est bien certaine c’est qu’ils vont me manquer. Assez heureuse toutefois qu’on leur ait laissé un moment clef à chacun. Que ce soit pour les principaux ou les secondaires, ce sont tous des personnages touchants grâce aux histoires que l’on découvre plus en profondeur.

    Si je ne suis pas à 100% satisfaite avec la fin, m’attendant à un peu plus de pages et à quelque chose d’assez différent, il faut bien avouer que l’auteur à fait un très bon choix en terminant Warcross avec ce second livre qui a mon sens clôture bien l’intrigue. Wildcard met en valeur le fait que la technologie et son avancement ne peuvent pas nous être simplement retirés car c’est une chose que les gens aiment et qui fait intégralement partie de leur vie, au risque cependant que cette forme de pouvoir puisse être détournée. Le tout est peut-être moins efficace que dans le précédent tome mais on retrouve tous les ingrédients qui font de Warcross une bonne histoire avec des personnages et une intrigue intéressante.

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    Warcross T1 - Marie Lu       Warcross T2 - Marie Lu

                                                                                                       01.2018                                      01.2019                        

     

     


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  • Warcross T1 - Marie Lu

     

    WARCROSS

        Warcross T1   

     

     

     

    Marie Lu 2018 | Pocket Jeunesse

    Science-Fiction - Young Adult

     

     

     

     

     

     

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          « Tout commence par être de la science-fiction        avant de devenir une réalité scientifique. » 

     

     

        

     

    La vie est dure pour Emika, 18 ans, criblée de dettes, et qui survit comme chasseuse de primes dans les entrailles de Manhattan. Aussi, bien décidée à fuir cette réalité, la jeune femme chausse ses lunettes connectées et plonge dans l'univers fantastique du jeu en réseau le plus incroyable jamais inventé : Warcross. Mais quand elle pirate la finale du grand tournoi de l'année, elle est repérée par l'intrigant créateur du jeu : Hideo Tanaka, un jeune et beau génie dont les fans se comptent par millions. Emika sent pourtant que les intentions d'Hideo dépassent le cadre de Warcross et pourraient bien faire vaciller la frontière fragile entre réel et virtuel.


     

     

    Il n'y a aucun spoiler, lisez donc sans craintes.
     

    Pas achevé lors de ma première lecture à sa sortie, j’ai passé tout cette seconde à me demander pourquoi. Warcross a véritablement tout d’un bon roman du genre si on omet certains aspects plutôt prévisibles. Le tout forme un beau mélange d’action et de romance au travers du jeu vidéo, dans un monde futuriste dont les nouveautés semblent tant novatrices que néfastes.

    On se met dans la peau d’Emika, jeune new-yorkaise qui, au lieu de passer ses journées à bosser dur en cours comme toute adolescente normale, joue à la chasseuse de prime afin de tenter de survivre dans une société futuriste où tout coute bien plus cher et où la criminalité a particulièrement augmenté. C’est d’ailleurs ce qui pousse la police à publier des alertes pour que d’autres s’occupent du sale boulot tout en étant rémunérés. Pour s’échapper de la réalité qui n’épargne plus Emika depuis plusieurs années, la jeune femme aime passer du temps sur Warcross, un jeu vidéo issue de la réalité augmentée inventé par le jeune Hideo Tanaka, dans lequel elle joue de manière clandestine et anonyme. Seulement, un jour elle prend la mauvaise décision et choisit d’utiliser ses aptitudes de hackeuse, talents qui lui ont valu certains problèmes avec la justice, pour pirater le plus grand championnat de Warcross visionné par des millions de spectateurs. Forcément, la jeune femme doit dire adieu à son anonymat en devenant le sujet favoris des tabloïds. Plus inattendu, Hideo Tanaka lui-même souhaite rencontrer l’une des seules personnes ayant réussi à détecter les failles de son jeu.

    Si Warcross aurait pu n’être qu’un énième roman young adult, le thème des jeux vidéos est si bien exploité qu’il sort clairement du lot à mes yeux. En effet, c’est au travers d’un univers complexe et riche, qui m’en a véritablement mis plein les yeux, que ce premier tome témoigne des atouts comme des dangers d’un univers où la technologie et plus particulièrement la réalité augmentée peuvent prendre le dessus sur tout. J’aimais déjà beaucoup Marie Lu avec sa saga Legend mais Warcross présente un univers dans lequel on la sent tout à fait à l’aise et familière, ce qui aide d’autant plus le lecteur à tout visualiser puisque l’immersion est très accessibles avec des descriptions très visuelles et bien menées. Ici, la réalité augmentée fait partie du quotidien, avec un système de points et de niveau qui stimule l’utilisation et pousse les gens à ne plus ôter leur Neurolink des yeux, sous forme de lunettes ou de lentilles. Le but pour eux est de gagner le plus de points possibles au travers de parties de Warcross, dans lequel deux équipes essaient de s’emparer de l’artefact de l’autre sans se faire dérober le sien, ou encore avec de simples interactions, afin de gagner en popularité et d’accéder à plus de privilèges dans la vraie vie tels qu’un meilleur service au restaurant ou un traitement de faveur lors d’entretiens. Pour créer aux yeux des utilisateurs du NeuroLink une réalité virtuelle presque parfaite dans sa façon de traiter les détails, Hideo Tanaka n’a pas simplement choisi de la reproduire mais bien de laisser le cerveau humain se convaincre lui-même de cette dernière comme c’est le cas avec le système du rêve. L’univers est d’autant plus riche qu’il existe un DarkWorld qui une nouvelle fois montre la face cachée des technologies, un endroit où se retrouvent les hackeurs, où se vendent drogue et plaisirs sexuels, où s’engagent des assassins.

    Le tout est guidé par une sorte d’enquête que doit mener Emika en devenant une wildcard, à savoir une nouvelle recrue pouvant intégrer les diverses équipes du championnat. Cela permet ainsi au lecteur d’avoir une vision sur beaucoup d’éléments importants sans être perdu. Emika est d’ailleurs une bonne héroïne à suivre qui m’a plu en raison de son fort caractère à l’image de son apparence qui détone, avec ses cheveux multicolores et divers tatouages, et du fait qu’elle s’intègre bien avec les éléments de ce tome. Si elle possède ses propres faiblesses, c’est une fonceuse au caractère assez indépendant. Ses pensées laissent parfois place à de très beaux passages, touchants et écrits avec beaucoup de justesse. Je pense que chaque joueuse peut facilement se retrouver en elle. Hideo est également un personnage intéressant, bien que plus en retrait même si sa présence se laisse ressentir à chaque instant. C’est un génie qui possède ses propres parts d’ombre et qui porte un poids que j’ai aimé découvrir. Si la relation entre les deux n’a rien d’original ou de particulièrement intéressant aux premiers abords, j’ai apprécié le fait qu’elle ne prenne pas une grande place dans le récit. Le manque d’approfondissement des personnages secondaires peut également être reproché au livre bien que cela ne m’ait pas empêché de les apprécier. Si les révélations finales sont pour certaines prévisibles, elles relancent parfaitement l’intrigue au vu du second et dernier tome. La fin donne clairement envie de se jeter sur le second bouquin - ce que je vais m’empresser de faire - et intègre de nouveaux éléments qui ajoutent de l’intérêt à l’histoire.


    Warcross offre avec son univers riche et ses personnages intéressants une vision de ce que pourrait devenir le monde si la technologie prenait un ampleur inconsidéré. Alliant des descriptions très réalistes du Japon, jeux vidéos et science-fiction, Marie Lu propose un récit tant accrocheur qu’intéressant.

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    Warcross T1 - Marie Lu       Warcross T1 - Marie Lu

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  • Crossing the Line - Simone Elkeles

     

    CROSSING THE LINE 

     

     

     

    Simone Elkeles 2019 La Martinière

    Romance - Young Adult

     

     

     

     

     

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             « Parfois il faut grandir avant d'être prêt.           Fais-moi confiance, je sais de quoi je parle. » 

     

        
     

     

    Ryan Hess n’a qu’une idée en tête : devenir boxeur professionnel. En dehors du ring, sa vie est aussi un combat permanent contre sa famille – et plus particulièrement son beau-père abusif – et contre la mauvaise réputation qui lui colle à la peau. Fille d’un richissime avocat mexicain, Dalila Sandoval est obnubilée par ses études. Elle sera médecin, et rien d’autre.

    Quand elle rencontre Ryan, elle ne voit qu’une distraction qui pourrait la détourner de ses projets. Pourtant, avec lui, elle se sent plus vivante que jamais... Quant à Ryan, qui d’habitude collectionne les conquêtes, il ne peut nier que Dalila occupe ses pensées en permanence. Au risque de sérieusement compromettre son entraînement de boxe. Vraiment, Ryan et Dalila n’ont rien à faire ensemble et ne peuvent s’attirer que des ennuis. La plus sage décision serait de mettre rapidement un terme à leur amourette, avant qu’elle ne les consume complètement. Mais Ryan n’a jamais été sage, et Dalila, d’habitude si raisonnable, semble perdre la tête à ses côtés...

     


       

    Il n'y a aucun spoiler, lisez donc sans craintes.

    Simone Elkeles signe son grand retour depuis un certain temps chez son éditeur français avec un nouveau roman dont la soudaine sortie m’a ravie. Les Irrésistible, Paradise ou encore Attirance font partie de mes vrais premiers romans, des histoires que j’ai apprécié suivre mais qui manquaient toujours de piquant et de surprise. Une nouvelle fois avec Crossing the Line, l’auteur n’innove pas en optant pour une histoire d’amour entre deux jeunes gens que tout oppose, sous un fond de culture hispanique - que l’on retrouvais déjà avec les frères Fuentes de la série Irrésistible - ainsi que des chapitres aux points de vue alternés. Pourtant, je me suis rapidement jetée dessus, notamment grâce à sa quatrième de couverture qui laissait entendre une romance simple mais intéressante. 

    Crossing the Line met en avant la rencontre de deux adolescents que tout oppose, même la frontière entre le Mexique et les États Unis. Si Ryan qui vit aux Etats-Unis possède sûrement l’une des familles les plus désastreuses au monde ainsi que de pauvres moyens, c’est sa passion pour la boxe qui le guide vers le haut, mais géographiquement vers le bas, au Mexique, là ou vit Dalila. Cette dernière est ce que l’on pourrait nommer une privilégiée. Son père est un avocat qui défend les plus riches et plus puissants de son pays mais elle n’a pas encore trouvée cette lueur capable de donner un sens véritable à sa vie. Même si leur rencontre ne se révèle pas très calme et idyllique, ce sont des problèmes tout autres qui pourraient bien bouleverser leur vie. 

    La narration démarre du côté de Ryan qui m’a fait une très bonne impression dès le début, surement grâce à son répondant dans une situation dans laquelle il se trouve être le maillon faible. Son père est parti avant sa naissance et sa mère, qui boit bien plus qu’elle n’aime son fils, a ensuite rencontré son beau-père qui prétend être le shérif parfait. Il a vécu son enfance dans un mobil-home avec le peu de nourriture que leur situation le permettait, s’habillant aux secours populaires, mais sa situation actuelle semble loin d’être meilleure. Dalila quant à elle donne l’impression d’être la parfaite mexicaine au père riche et respecté. Elle accepte son train de vie privilégié mais n’en est pas pour autant une personne prude et candide qui se fait entretenir. Bien au contraire, sa personnalité est explosive et la simple idée d’attendre qu’un homme puisse faire tout à sa place la répugne. Elle m’a donné le sentiment d’être un trophée que l’on exhibe au moment opportun, à la recherche d’une indépendance que sa famille très conservatrice semble incapable de lui fournir. Avec ces deux jeunes gens, Simone Elkeles fait donc bien le choix de la simplicité quant aux fondements de son histoire avec ici deux être opposées, qui pourtant s’attirent par leur soif de liberté et qui m’ont parus très humains dès le départ. 

    L’écriture très facile à suivre aurait pu me contenter si le scénario ne manquait pas parfois de naturel. J’avais dès le départ bien accroché mais plus les pages se tournent, plus le tout s’essouffle considérablement pour me laisser face à un dernier quart qui me donnait l’envie de changer de bouquin. Si j’aimais énormément Ryan et Dalila individuellement ainsi que la pair qu’ils pouvaient former - bien qu’un peu trop fleur bleu par moments -, la romance en elle-même n’a pas eu le temps de me faire ressentir mille émotions, écrasée par une enquête qui m’a parfois perdue. L’histoire de fond m’a en effet peu intéressée : cette fameuse enquête concernant deux cartels ainsi que tous les problèmes que la situation était capable d’apporter. J’ai trouvé ça vraiment trop lourd. Trop d’éléments et de personnages se mélangeaient, me faisant parfois perdre le fil de l’histoire. Le tout prend finalement le dessus sur les deux personnages principaux et une forme de détachement s’est créé. Dommage en sachant que la fin avait de quoi m’émouvoir, avec des révélations qui tenaient la route et un dénouement final que l’auteur laissait discrètement et finement présager. 

    Même si le début avait su, malgré sa simplicité, me faire accrocher avec deux héros particulièrement accrocheurs, la suite donne vraiment l’impression que l’auteur a voulu en faire trop et à mettre en avant trop d’éléments qui méritaient une place secondaire, quitte à négliger le développement de son duo principal.

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